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Maison du Sundgau

C’est à la fin du XIXe siècle que des auteurs savants ont commencé à s’intéresser à l’architecture rurale alsacienne. On voit alors paraître des publications, comme celle du badois Karl Staatsmann, où sont pour la première fois publiés des objets ou ensembles architecturaux considérés comme particulièrement représentatifs de l’Alsace rurale, ou intéressants en raison de leur ancienneté : cas de la ferme-cour de Wolfersdorf de 1551.

Jusque bien après la Seconde Guerre mondiale, persistera la notion d’un Sundgau comme Relikt-Region, sorte de grève du « paysage architectural » germanique. S’y seraient accumulées toutes sortes d’épaves du plus haut intérêt technique, historique et folklorique, et les techniques archaïques se seraient, faute d’apports extérieurs, conservées plus longtemps qu’ailleurs.

Les formes architecturales enfin, rendraient compte de l’origine ethnique des habitants, avec les équations ferme-bloc = alémanique et ferme-cour = francique.

Koetzingue - début XVIIe SMaison de ferme-cour - Sundgau Central & corniche Est : Koetzingue - début XVIIe S

A ces images peu valorisantes et bien trop simplificatrices, peut se substituer aujourd’hui un propos beaucoup plus nuancé. Bien malin, certes, celui qui pourra dire avec certitude pour quelles raisons précises on a construit, à telle époque et à tel endroit, un bâtiment ayant tels caractères : les sources écrites sont rares, les traditions orales sont éteintes, ou modifiées par la transmission.

L’objet de cette approche géographique est, en gardant à l’esprit les conditions de production de ce bâti, de situer dans l’espace les caractères architecturaux de la construction rurale et d’en préciser la typologie.

On relèvera au passage que les villes historiques liées, économiquement sinon territorialement au Sundgau sont, à l’exception d’Altkirch et Ferrette, à sa périphérie : Bâle au premier chef, Mulhouse, Belfort et Delle. Y domine de fort longue date la construction à murs extérieurs en maçonnerie, pour des raisons au moins aussi complexes que l’ensemble de critères évoqués plus haut.

Hausgauen - fin XVIIe S

Maison de ferme-cour - Sundgau Central & corniche Est : Hausgauen - fin XVIIe S
Façade arrière avec four.

Cela n’empêche probablement pas les maîtres d’ouvrage urbains de recourir à l’ossature bois pour leurs bâtiments ruraux.

L’aire géographique considérée n’est, bien sûr, pas entourée de limites imperméables, et il en va de même pour la répartition typologique. On peut esquisser une série de bandes d’orientation grossièrement Nord-Nord-Ouest à Sud-Sud-Est, qui semblent coïncider avec les grandes lignes du relief.

A l’Ouest de la forêt de la Hardt, la corniche orientale du Sundgau égrène ses anciens villages viticoles, et sa typologie mixte, où les maisons souvent comportent une cave plus ou moins enterrée selon la topographie, voire un rez-de-chaussée en maçonnerie surmonté de structures à colombages.

Knoeringue - début XIXe S

Maison de ferme-cour - Sundgau Central & corniche Est : Knoeringue - début XIXe S


C’est avec le Jura (Lutter, Wolschwiller…) la région où la construction en pierres est la plus répandue : on y trouve l’essentiel des « maisons gothiques » des XVIe et XVIIe siècles, particulièrement nombreuses à la périphérie Sud de Mulhouse (Eschentzwiller, Bruebach, Flaxlanden, Zillisheim), mais aussi à Heidwiller, Luemschwiller, les deux Magstatt…).

Ce que l’on pourrait qualifier de « Sundgau central » s’articule de part et d’autre de la colonne vertébrale de l’Ill entre Altkirch et Oltingue, et s’étend au Nord jusqu’à la Doller. C’est la zone où les bâtiments à pans de bois dominent jusqu’à la période contemporaine, avec une mixité en proportion variable entre fermes-cours et fermes-bloc.

Ces dernières sont en proportion plus importante à mesure qu’on progresse vers le Sud (à partir du vallon du Gersbach), ainsi qu’au Nord-Ouest (vallon du Soultzbach).

Willer - XVIIIe S

Ferme-bloc - Pignon sur rue - Willer - XVIIIe S

Enfin, la bande larguaise est illustrée, de façon, ici aussi, non exclusive, par des fermes-blocs aux caractères particuliers, tels la systématisation des toitures très débordantes, demi-croupes à pente raide côté habitation, croupes se prolongeant en appentis côté agricole, avec un souci de protection très marqué de la Wattersita, le « côté du temps », du mauvais temps, l’Ouest et le Sud-Ouest dans ces régions très arrosées.

 Riespach - 1787

Ferme-bloc - Façade sur rue - Riespach - 1787

Les communes « welsches » du secteur des Montreux et les anciens cantons belfortains du Haut-Rhin prolongent ce type, en le fondant peu à peu dans les traditions constructives et culturelles romanes. Le colombage s’estompe mais reste présent, alors que la cuisine acquiert le statut de pièce principale de l’habitation, par où se fait l’entrée, et d’où on passe dans les autres volumes.

Réchésy - XVIe-XVIIe S

Ferme-bloc - Réchésy - XVIe-XVIIe S

La région jurassienne mérite une brève approche spécifique puisque, malgré sa petite taille, la situation y est assez contrastée. Le secteur –morcelé- du Leymenthal, étendu à Wolschwiller et Lutter voit encore coexister fermes-cours en assez grand nombre avec les fermes-bloc, alors que Kiffis, Oberlarg et surtout Winkel,  voient dominer les fermes-bloc d’un type que l’on peut qualifier de jurassien.

Le colombage conçu pour être vu n’y apparaît qu’occasionnellement, sur les habitations les plus anciennes. Lorsqu’il est employé au XIXe s., c’est essentiellement sur les parties agricoles et il est à ce moment recouvert d’un bardage à planches verticales.

Buschwiller - 1688

Ferme-bloc - Buschwiller - 1688

La construction gagne en profondeur (on passe d’environ 8 m à 10 voire 11 m), sans doute sous l’influence de la typologie proprement jurassienne de la Franche-Comté et des cantons suisses de Soleure et du Jura.

© Thierry FISCHER
Décembre 2014

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